L  E     S  I  T  E     D  E    S  T  É  P  H  A  N  E     H  O  Ë  L     C  L  O  C  H  E  Y
L'adn :
Origines
La matière grise :
Études
Le nez :
Senteurs
La main :
Savoir-faire
La langue :
Goûts et échanges
L'oreille :
Musiques et sons
L'œil :
Plaisirs visuels
L ' o r e i l l e   :   M u s i q u e   e t   s o n s

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Les oreilles sont, bien sûr, ces bizarres appendices qui nous permettent de recevoir les messages venus du monde extérieur : les bruits continus de la ville mais aussi les oiseaux ou le vent dans les arbres.

C’est aussi grâce aux oreilles que l’on échange avec les autres humains. Mais, de ces échanges avec les autres, je parle plus longuement à la page concernant la langue.

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Les paraboles
à l'écoute
du monde

 

Ici, c’est de musique que je vais parler, car à notre époque l’art des Muses est devenu omniprésent, au point d’empêcher ou du moins de rendre plus difficile la communication humaine.

Depuis petit, j’étais baigné dans un monde musical. Ma famille a depuis longtemps eu des liens avec la musique.

  La musique
 

Déjà, du côté de mon père, mon arrière-grand-père jouait de la flûte et du luth tandis que sa femme était soprano.

Ma grand-tante était professeur de piano. Ce contact direct avec la musique ne s’est cependant pas transmis aux générations suivantes : malgré plusieurs tentatives, personne ne joue pas maintenant de musique dans la famille.

  La symphonie
familiale
 

Mais mon père a réussi à maintenir un environnement très musical : à la maison, nous entendions quasiment du matin au soir de la musique.

Il s’agissait principalement de musique classique, avec une assez grande propension vers le baroque, et principalement vers Jean-Sébastien Bach.

  La musique
ancienne
 

Même si ce goût a pu être renforcé par ma grand-mère maternelle, c’est sans doute tout de même à mon père que je le dois.

Il m’a appris à l’aimer comme la méthode Assimil vous apprend les langues étrangères : en imprégnant petit à petit mon ouïe de l'écoute de la musique classique. Ainsi, mes oreilles n’ont été sensibilisées qu’à ces sons venus du passé.

  Les échos
du passé
 

J’ai bien sûr développé mes propres préférences.

Mon goût pour la musique se concentre presque exclusivement sur la période baroque. J’ai aussi développé une inclination vers la musique vocale et, en particulier, vers l’opéra, car j’y trouve l’alliance de la musique et du théâtre que j’aime particulièrement.

  L'opéra
 

La représentation d’Atys de Lully avec William Christie, que je n’ai vue malheureusement qu’à la télévison, m’a enchanté à un point extrême et m’a converti définitivement au baroque, tout en me faisant tomber amoureux de la musique Lully et des interprétations de William Christie et des Arts Florissants.

  J.-B. Lully
Atys
Arts florissants
William Christie
 

Parmi les différents airs que j’ai écoutés tellement souvent que j’en connais par cœur les paroles, je souhaite présenter celui du crescendo des voix d’Atys (Guy de Mey), de Sangaride (Agnès Mellon) et du chœur.

Dans ce crescendo, les protagonistes annoncent la venue de la déesse, Cybèle.

 

J.-B. Lully
Atys
Arts florissants
Acte I sc. 7



 

Plus tard, à l’époque où j’étais à Strasbourg pour mes études, j’ai découvert le musique composée par Lully pour le Bourgeois gentilhomme.

La cérémonie turque est l’une des scènes les plus savoureuses et les plus comiques.

 

J.-B. Lully
Le Bourgeois
gentilhomme

La Petite Bande
Cérémonie turque

 

Durant la même période, j’ai redécouvert Alfred Deller, que j’entendais depuis mon enfance grâce à mon père.

Sa voix de haute-contre et ses interprétations irréprochables unissaient depuis longtemps le père et le fils dans la même émotion.

 

Alfred Deller
Henry Purcell
Music for a while

 

C’est en 1992 à Paris que j’ai vu ma première tragédie lyrique.

Il s’agissait de la représentation d’Armide de Lully au théâtre des Champs-Élysées. J'en suis ressorti enthousiasmé au plus haut point par les voix (en particulier celle de Véronique Gens) et l’interprétation de Philippe Herreweghe. Mais j’ai aussi aimé la pompe baroque qui se développe dans le prologue où l’on chante les gloires de Louis XIV.

 

J.-B. Lully
Armide
Collegium vocale
Chapelle royale
Prologue

 

J’adore l’hyperbole tragique des mots employés par les personnages, tels qu’Armide.

Pendant tout l’été 1993, c’est la passacaille avec Renaud (Howard Crook) et le chœur qui essayait de me divertir à une époque où je cherchais un emploi pour pouvoir poursuivre mes études à Paris.

 

J.-B. Lully
Armide
Acte II sc. 5

Acte V sc. 2

 

Comme il m’arrive souvent d’écouter une musique un grand nombre de fois pendant une période donnée, chacune reste longtemps liée dans mon esprit à une série de sentiments que je ressentais alors.

Ainsi, la Sonnerie de Sainte-Geneviève du Mont de Marin Marais reste indéfectiblement attachée aux images de Paris gravées dans mon esprit lors de mes études.

 

Marin Marais
Sonnerie de
Ste-Geneviève-
du-mont
Gustav Leonhardt

 

Et certains morceaux des Vêpres pour la Nativité de la Vierge d’Antonio Vivaldi me rappellent toujours de moments de forte émotion que j’ai vécus à cause de ma santé.

La puissance du chœur continue à me troubler profondément dans le « Dixit Dominus », grâce à un crescendo du grave vers l’aigu où les voix masculines les plus basses s’unissent progressivement aux registres plus élevés.

 

Antonio Vivaldi
Vêpres
pour la nativité
de la Vierge
J.-Cl. Malgoire

 

À Paris, je suis aussi allé à la représentation d’Orlando de Handel, qui m’a beaucoup plu. J’étais à nouveau transporté par l’interprétation de William Christie. La mise en scène était à la fois très vivante et non conventionnelle (actrices parfois nues sur la scène). L'air de Medoro est particulièrement beau. Mais j’ai beaucoup ri lors d’une scène comique qui a été jouée avec beaucoup de verve par une actrice : elle est venue au milieu des spectateurs, tout en chantant et simulant l’ivresse !

 

Georg Fr. Handel
Orlando
Arts florissants
Acte III sc. 1

 

En-dehors du baroque, il m’arrive d’aborder d’autres rivages musicaux.

Le trio pour piano n° 2 de Schubert m’a fortement ému dans l’interprétation d’Eugène Istomin, d’Isaac Stern et de Leonard Rose.

Et l’andante con moto me fait chaque fois fondre en larmes.

 

Franz Schubert
Trio pour piano
en mi bémol
Op. 100 D. 929

 

Au contraire, les concertos pour clavecin et orchestre à cordes de Bach (de nouveau du baroque !) accompagnent souvent mes moments d’enthousiasme, de joie ou d’intense activité.

J’écoutais ainsi en continu ces pièces de musique quand je m’installais dans mon premier appartement à Thessalonique, en Grèce.

 

J. S. Bach
Concerto
pour clavecin

Bwv 1052
English Concert

 

En Grèce, j’ai découvert la chanteuse Élefthéria Arvanitaki, au timbre de voix si particulier. Son répertoire est toujours de qualité.

En témoigne par exemple la chanson « Ola ta pire to kalokairi » sur des vers d’Odysséas Élytis et une musique de Dimitris Papadimitriou.

 

Élefthéria
Arvanitaki
Ola ta pire to kalokairi

 

J’entre presque en transe en écoutant Nusrat Fateh Ali Khan.

Bien que religieuse (musulmane), sa musique et ses chants ont une telle puissance d’évocation que je me sens chaque fois voler au dessus des paysages du Pakistan et de l’Inde.

 

Nusrat Fateh
Ali Khan
Concert à Paris I

 

La musique ancienne chinoise, par son raffinement extrême et – on pourrait dire même – sa préciosité, a sans aucun doute renforcé mon attirance pour la Chine et sa civilisation.

 

Musique classique
chinoise
Sur le mont Yimeng

 

Dans le domaine de la musique pop, je souhaite citer les chansons « I will survive » et « Finally », que j’ai découvertes au travers du film de Stephan Elliott The Adventures of Priscilla, queen of the desert.

J’ai trouvé très forte leur réinterprétation en tant que messages de libération et de résistance au conformisme du monde.

 

Stephan Elliott
The Adventures
of Priscilla,Queen
of the Desert

1994

 

Outre les concerts et les disques, il y a aussi la radio que l’on écoute.

C’est France Culture qui était ma station privilégiée. J’ai toujours beaucoup aimé la passion avec laquelle les différents intervenants parvenaient toujours à parler de leur sujet, quel qu’il fût, et à provoquer l’intérêt de l’auditeur.

 

Les radios

France culture
Écouter en direct

 

Depuis que je suis en Grèce, j’écoute la radio Bach (uniquement sur l’internet) car elle dispose d’une riche programmation en musique ancienne.

En soirée ou le week-end, c’est Espace Musique de Radio Canada qui a ma préférence, grâce notamment à l'émission de Ginette Bellavance consacrée aux musiques du monde.

 

Radio Bach
Écouter en direct

Espace musique
Écouter en direct